Cheminement :

 

Sa peinture est informelle, abstraite, non construite. Elle joue avec tous les jeux sur les subtilités de la matière picturale et ses espaces colorés. Quelques fois elle devient allusive par l’inclusion de figures (ou d’objets réels) dans l’abstrait, mais reste toujours en tant que détails dans son ensemble globalement abstrait.

On retrouvera alors dans ses penchants picturaux une abstraction lyrique volontaire avec ses plaisirs du geste et aussi un jeu de matières, d’objets détournés qui donne une prééminence des matières par leur épaisseur, leur composition ou leur attitude architectonique. Les matériaux ou objets peuvent être assemblés par collages/décollages : objets signifiants ou insignifiants, voire des rebus de la société.

Son investissement devant la toile ira vers un travail intérieur axé vers le fantasmatique. Fantasmes de tous ordres, du moment qu’ils soient « formellement » maitrisés.

Elle a une volonté délibérée de communiquer à travers ses œuvres un message quelconque, via le signifié en narrations ou symboliques diverses, ou via le signifiant, en partant du principe que ses travaux sur les signifiants forment en eux-mêmes un discours assumé.

 

 

Intentions :

 

Ayant grandi dans une famille qui avait de multiple liens avec la mer, elle a vécu, à 12 ans, la catastrophe de l’Amoco Cadiz qui l’a durablement marquée.

Travaillant essentiellement à l’acrylique, parfois sur deux ou trois tableaux en même temps, elle « veut faire passer une émotion, un message » et réussit à montrer plusieurs facettes de la mer.

D’un côté les plages et les rochers de son enfance, admirablement reproduits, et de l’autre, la vie industrielle du grand port qu’est Brest, avec ses radoubs et grues géantes.

S’inspirant du peintre américain Jackson Pollock, ou du breton Jacques Villeglé, France Bihannic joue avec la pertinence des éclaboussures et/ou incorpore quelques fragments figuratifs dans certains de ses tableaux abstraits.

 

 

 

Objectifs :

 

Cette artiste plasticienne n’a de cesse de sensibiliser les gens aux dangers qui menacent l’espace maritime et de lutter avec son pinceau et ses outils pour une prise de conscience.

Le naufrage de l’Amoco Cadiz et déjà une révolte et des dénonciations qui seront le fil conducteur de sa carrière d’artiste. La Bretagne et ses valeurs, France Bihannic les respecte.

La Bretagne n’est pas seulement ses origines, c’est aussi une inspiration. Son engagement d’artiste est arrivé, lors de balades sur les littoraux, les quais, dans les ports. Gamine, elle est déjà touchée par ce mariage de l’homme et la mer. « J’y vois un réel respect, une fusion, un amour, une attirance de l’un vers l’autre… Il y a une réelle histoire d’amour fusionnel entre ces gens de mer et l’Océan ».

Une artiste engagée à la hauteur de ses œuvres, engagée aussi car « je mets mes sentiments et mes émotions » Un engagement d’artiste que France Bihannic soutient, « je m’engage personnellement et alors, mon authenticité est impossible à mettre en doute. Que je le veuille ou non, mes peintures parlent de moi ! »

France Bihannic rend « un hommage à la Mer »